On trouve nitrates (NO3) et nitrites (NO2) dans trois catégories d'aliments : les légumes (salade, radis, céleri, betteraves...), la charcuterie et l'eau. La dose journalière admissible (DJA) fixée par le Comité Scientifique de l'alimentation humaine de la CEE en 1990 est de 5 mg/kg soit 50 mg pour un enfant de 10 kg.
Protégez les bébés !
Si un bébé ingère trop de nitrates (par l'eau, par les légumes), il risque la maladie bleue, la méthémoglobinémie. Les nitrates se transforment en nitrites dans son corps, passent de l'intestin au sang, et empêchent les globules rouges de transporter correctement l'oxygène vers les cellules. C'est l'asphyxie et, au pire, la mort. Au cours des 30 dernières années, quelques cas de décès par méthémoglobinémie ont été signalés, dus à l'eau ou à des légumes trop chargés en nitrates et mal conservés. Grâce à la norme limitant la teneur en nitrates de l'eau à 50 mg/l, les bébés sont a priori protégés contre ce risque, à condition de leur choisir des légumes cultivés sainement.
Principe de précaution
Des chercheurs de différents pays estiment qu'il existe un lien entre les nitrates et certains cancers (estomac, oesophage, appareil urinaire). Pour la santé de tous, les scientifiques veulent maintenir la norme de potabilité de 50 mg/l. En application du principe de précaution trop souvent négligé ces dernières années.
Tentative d'intoxication
Des industriels créent un lobby pro-nitrates
Si l'on en croit le livre d'un médecin normand publié en 1996 par un curieux "institut de l'environnement", les nitrates seraient "vraisemblablement bénéfiques pour la santé".
Renseignements pris, l'institut de l'environnement n'a rien d'officiel. C'est une simple association privée. Sous cette appellation trompeuse se cachent de puissants industriels bretons de l'agro-alimentaire (Doux, Cecab, Floch...) et de l'élevage porcin (Gourvennec...). Certains ont déjà été condamnés pour atteinte à l'environnement.
Heureusement pour les consommateurs, cette tentative d'intox a échoué. Les experts ont dénoncé les "raisonnements abusifs", les "interprétations erronées, les affirmations gratuites, la présentation tronquée des faits" et "une démarche apparentée au révisionnisme".
Voir également actu 35 année 2008 : Nitrates dans l'eau potable L'AFSSA opposée à une révision de la norme
Les normes nous protègent, protégeons-les !