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actualité 2014

Actu semaine 51bis/2014

Plan d'épandage XXL pour Cargill


Crédit photo Ouest-France

Le dossier, soumis à enquête publique du 17 novembre au 19 décembre 2014, concerne la demande de mise à jour et d’extension d’un plan d’épandage affectant 66 communes du Finistère, présentée par la société Cargill France située à Lannilis. Cette entreprise produit de façon industrielle des alginates, extraits d’algues brunes utilisés dans l’agro-alimentaire, la pharmacie ou la cosmétique. Ces algues sont principalement récoltées en mer d’Iroise, mais peuvent être importées. Cette activité génère une pollution traitée par une station d’épuration qui rejette ses eaux en mer. Les boues biologiques produites par cette installation étaient jusqu'ici épandues sur les terres agricoles, d’une surface de 620 ha pour 25 exploitants agricoles répartis sur 19 communes proches de Lannilis.

L’arsenic naturellement présent dans les algues est sous forme organique non toxique, mais se transforme après traitement des algues en arsenic inorganique toxique. Pour cette raison, l’administration a demandé à la société Cargill d’améliorer l’épuration des eaux. Le dossier présenté propose donc d'augmenter de manière conséquente la surface du plan d'épandage. En effet, l’augmentation du volume de boues et de leur teneur en phosphore, auxquelles s’ajoutent les boues (ou gâteaux) cellulosiques, obligent à une extension du plan d’épandage, dont les caractéristiques enflent à 3600 ha, concernant 58 exploitations agricoles réparties sur 66 communes, disséminées sur l’ensemble du territoire du Finistère.

Ce plan d'épandage XXL nous fait réagir et poser les questions suivantes :
- Quelle crédibilité pour un plan dont la commune la plus éloignée se trouve à 180 km de Lannilis, dont les conventions avec les agriculteurs sont d'une durée de 1 an et dont la reconduction même implicite s'avère de fait fragile ?
- Pourquoi ce plan, qui a écarté les parcelles du territoire à algues vertes de Guisseny, ne l'a pas fait pour la baie de Douarnenez ou de Concarneau, sans parler des 63 autres sites touchés par des échouages et listés par le SDAGE de 2009 ?
- Pourquoi n'a-t-on pas contraint l'entreprise à remédier à son problème d'odeurs nauséabondes lors de l'épandage, qui laisse supposer un dosage inadapté de la chaux mélangée aux boues ?
- Pourquoi ne considère-t-on pas ces épandages comme de la fertilisation organique (fumier, lisier, fiente,...), plafonné à 170 kg d'azote à l'ha ?
- Enfin, pourquoi la teneur en arsenic des sols à l'état initial n’a pas été mesurée, alors que celles des autres métaux lourds l'ont été (l'épandage de 1820 t de matière sèche des boues biologiques va provoquer le transfert de 290 kg par an d'arsenic dans les sols, une partie de cet arsenic risquant de se retrouver dans les milieux aquatiques) ?

Pour Jacques Primet administrateur territorial Finistère à Eau & Rivière, "M. le Préfet doit obliger la société Cargill à rechercher d’autres moyens plus judicieux de valoriser ses déchets solides, dans un délai de 1 à 2 ans qui doit être fixé dans son arrêté."

Lire la déposition à l'enquête publique



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