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Actualités 2014

Actu semaine 41bis/2014


Marées vertes,
une année exceptionnelle


photo algues
Attention cette photo n'est pas un trucage,
elle a bien été prise en 2014 !

Le comité de suivi du Plan algues vertes ne s'était pas réuni depuis septembre 2013. Il a fait le 7 octobre, sous la double conduite de Patrick Strzoda le Préfet de Région et de Thierry Burlot le vice-président de la Région, un rapide tour de l'état d'avancement des 8 chartes de territoire.

Les deux co-pilotes se sont attachés à dire (surtout dans la presse) que les choses évoluent positivement, même si la Bretagne revivra d'autres moments difficiles. La menace européenne de poursuite du contentieux Nitrates n'étant pas écartée, on aura tous compris qu'il n'est pas question officiellement de dire le contraire. Même si le Préfet de Région a souligné « un volontarisme certains des porteurs de projets, une évolution des pratiques agricoles, mais des points de vigilances autour du retard dans l'atteinte des objectifs, la réticence de certaines structures et la faible mobilisation des structures foncières ». Il a mis en garde: « Le risque d'un passage au réglementaire n'est pas écarté », les services de l'État travaillant déjà sur un projet d'arrêté ZSCE.

Côté échouages, Sylvain Ballu du CEVA a expliqué que « le destockage hivernal, dû aux nombreuses tempêtes, avait créé des conditions dispersives encore jamais observées depuis plus de 30 ans ». On a donc assisté à un printemps et un été très calme, hormis un ou deux échouages assez bien corrélés avec les épisodes orageux de l'été. Mais les marées vertes ont réussi à se reformer à partir d'un noyau dur, provoquant l'apparition d'un « rebond d'arrière saison ».

Côté finances, le plan total de 140 millions d'€ a prévu de consacrer 77 M€ aux 8 chartes de territoire d'ici 2015 (on en est aujourd'hui à 25 M€, soit seulement 32 % du total). Les 8 présidents de chartes ont ensuite eu l'occasion de faire un rapide bilan de l'avancement de leurs travaux et l'on pouvait deviner un certain agacement chez certains de se voir « jugé » sur les seuls chiffres du nombre de contrats signés ou de % de Surface agricole engagée. Une approche quantitative critiquée également par les représentants d'Eau & Rivières, qui ont indiqué qu'il fallait faire preuve d'équité et éviter une comparaison interbaie sur ce seul critère. Pour son président Dominique Avelange, « cela reviendrait par exemple à donner la palme au bassin de l'Horn, où le taux d'engagement est le plus élevé, mais où le contenu du plan est de loin le moins ambitieux de toutes les baies ! »

Eau & Rivières a aussi souligné que le blocage manifeste de la mise en œuvre des outils fonciers par les organisations agricoles, avait nuit aux évolutions les plus significatives, à savoir l'augmentation de la part d'herbe et de Bio dans la SAU (à l'exception de la baie de la Lieue de Grêve, qui atteint quasiment son objectif de 60 % de la SAU en herbe). Les services de l'État et de la Région ont indiqué avoir avancé sur cette question, et vouloir mettre en œuvre un instrument de gestion régional de type cellule foncière, une réunion consacrée à ce sujet s'étant tenue le matin même.

Outre les objectifs non atteints, Eau & Rivières a dénoncé le double discours des organisations agricoles : financées par nos impôts pour la mise en œuvre des plans d'actions volontaires du plan algues vertes, elles demandent en même temps aux exploitations agricoles de ne pas appliquer la réglementation et de ne pas procéder à la déclaration des flux d'azote, pilier du 5ème programme d'action de lutte contre les nitrates ! Pire, elles ont saisi le tribunal administratif pour obtenir l'annulation de l'arrêté régional instituant ce programme ! Ce qui démontre à l'évidence leur volonté de lutter contre la pollution des nitrates !

« Il n'y a pas une région organisée comme nous pour lutter contre les marées vertes, les normands et les landais viennent voir comment on s'y prend », s'est exprimé à plusieurs reprises le Vice-président Burlot. Peut-on aujourd'hui se réjouir d'être les premiers et les plus directement touchés par les excès de l'agriculture industrielle ? D'autant que pour l'heure, rien ne démontre encore l'efficacité de ce plan !



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