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Actualités

Actu semaine 17ter/2013


Les rivières bretonnes
toujours contaminées par les pesticides


Un leitmotiv : plus on en cherche,plus on en trouve.


Encore une fois, la question des pesticides fait l'actualité. Malgré des alertes répétées de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), le Ministère de l'agriculture continue de délivrer des autorisations de mises sur le marché pour des produits présentant des risques sanitaires pour l'utilisateur ; des pesticides qui se retrouvent dans les eaux bretonnes en quantité.


Dans le cadre du plan Écophyto Bretagne, les résultats de la campagne 2012 de suivi des pesticides dans les eaux du réseau CORPEP ont été présentés. Ce réseau suit 10 rivières bretonnes sur le paramètre pesticides sur l'année, avec des prélèvements plus fréquents pendant la période allant de mars-septembre. Les recherches ont porté sur 183 molécules différentes, dont 100 ont pu être quantifiées. Sur le Sainte Suzanne (35), il a été retrouvé jusqu'à 23 molécules dans un même échantillon, et 50 substances différentes au total sur l'année ; preuve, s'il en était encore besoin, de la multiplicité de ces polluants chimiques dans l'eau.

Même si un grand nombre de molécules a pu être quantifié, certaines tiennent largement le haut du pavé. L'AMPA, molécule de dégradation du glyphosate (matière active du Roundup, par exemple), est retrouvée dans plus de 80% des échantillons quand sa molécule mère l'est à plus de 50%. Des dérivés d'atrazine occupent également le haut du classement, avec des fréquences de détection de 52% pour le 2-hydroxy atrazine et de presque 38% pour l'atrazine déséthyl. Pour rappel, l'atrazine est interdite d'usage en France depuis 2003. Cinquième du classement, une molécule aussi, en partie interdite depuis plusieurs année: le diuron (36%, en baisse par rapport aux années précédentes).

Quand on observe une telle persistance de ces produits dans notre environnement, il est urgent de s'inquiéter d'en interdire les usages. Combien de temps allons nous devoir faire avec ces molécules dans l'eau de nos rivières?

Outre les quantités retrouvées dans les eaux en 2012, l'observatoire régional des ventes breton a permis de connaitre les tonnages de substances actives vendus aux professionnels en 2010. Le tonnage global est en baisse depuis 2008 et atteint les 2 074T pour l'année 2010 (- 18% par rapport à 2009). Les herbicides comptent pour plus de la moitié avec 1 108T vendues. Parmi les substances les plus vendues, on retrouve : le glyphosate (264T) ou l'isoproturon (105T). Ce dernier est classé comme cancérigène possible. Seule la famille des insecticides et acaricides a connu une hausse.

Une estimation des ventes de produits aux particuliers a été réalisée, notamment via le classement EAJ (emploi autorisé dans les jardins). 170T de ces produits auraient été vendues en 2010, soit presque moitié moins qu'en 2009 (351T). Une baisse dont il est difficile de croire qu'elle est due à une amélioration des pratiques et une prise de conscience du danger de ces produits. Son origine principale réside dans l'interdiction du chlorate de soude, désherbant bien connu, qui entre 2009 et 2010 a connu une baisse du tonnage vendu de 144T!

Pollution des eaux, tonnages vendus ; les constats sont toujours aussi alarmants, mais rien ne bouge. Quelles conséquences sur la santé et l'environnement devra-t-on attendre pour qu'il y ait une réaction?

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