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Actu semaine 45 bis/2010                 Réagissez à cette actu

Méthanisation des effluents d'élevages : une journée technique réussie
schéma_méthanisation
Schéma extrait de l'exposé de l'association AILE.

Eau & Rivières organisait le 5 novembre 2010 à Belle-Isle-en-Terre une journée technique sur le thème : « la méthanisation des effluents d’élevage : une solution aux problèmes des algues vertes ? ».  Elle a été un vrai succès au regard de la quarantaine de participants, comme de la qualité des exposés et des débats.

Cette journée était destinée à faire le point sur les avantages et inconvénients de cette technologie présentée dans plusieurs projets d’élevages en cours, et souvent défendue (plus ou moins explicitement) comme un moyen contribuer à réduire les fuites de nitrates vers les eaux… La méthanisation comme solution aux marées vertes ? Les interventions ont permis de saisir précisément les limites de la méthanisation. Les associations de défense de l’environnement et les adhérents présents en ont clairement conclu que, si ces installations peuvent être utiles à la production  d’énergie à la ferme (encore faut-il faire le bilan des réorientations de productions, des surfaces dédiées, des transports induits, etc.), elles ne peuvent dans le meilleur des cas que contribuer marginalement à la restauration de la qualité de l’eau en Bretagne !
 
L’exposé de l’association AILE comportait d’abord une explication précise de la technologie de méthanisation. C’est un des moyens de traitement des déchets organiques (déchets verts, fumiers, biodéchets, boues, lisiers, déchets d’industrie agroalimentaire), valorisés avec la production de méthane. Après la méthanisation reste le digestat, matière très liquide qui sera épandue. Il n’y a pas de réglementation propre aux digestats et c’est la réglementation des effluents d’élevage qui s’applique (arrêté du 7 février 2005 directive nitrate, arrêtés préfectoraux du 29 juillet 2009, …). L’élément notable est que la méthanisation nécessite un apport de carbone (bois, maïs, déchets d’IAA ou de collectivités, tontes, etc …), qui contient de l’azote et qui va ainsi augmenter la charge azotée sur l’exploitation. Des bassins versants déjà structurellement excédentaires en nitrate peuvent ainsi voir les volumes de nitrate encore accrus ! Par ailleurs, les lisiers et fumiers sont très faiblement méthanisables, et nécessitent un apport massif de matières carbonées.
L’argument de la réduction des pollutions diffuse par la méthanisation repose sur le pari que la minéralisation des déchets organiques obtenue avec le digestat amènera une consommation moindre d’azote minéral. Cette substitution automatique reste à prouver !
 
L’appel à projets présenté par l’ADEME vise la création d’une vingtaine d’installations de méthanisation en Bretagne. Il est souvent abusivement présenté comme une forme de prévention de la prolifération des algues vertes : en outre, la capacité de telles unités à traiter des algues vertes reste encore à démontrer de l’avis même de l’ADEME qui finance des études en ce sens. D’ailleurs,  quelle incohérence à promouvoir une énergie renouvelable (le méthane) à partir d’une ressource, les algues vertes, qui devra disparaître.
 
Les éléments scientifiques apportés par Mr Aurousseau, président du Conseil Scientifique Régional de l’Environnement ont alimenté les réserves exprimées sur la stratégie de la méthanisation comme solution au problème d’excédents d’azote  : interrogation sur la disponibilité des ressources en carbone qui doit être garantie à moyen et long terme (qui instaure le cas échéant une compétition entre cultures énergétiques et cultures alimentaires), accélération du cycle du carbone en conséquence, appauvrissement des sols bretons en matière organique.
Mr Aurousseau signale également que la situation française ne peut être comparée à l’exemple allemand, où le prix de rachat du gaz est plus élevé, et où ces installations ne se trouvent pas sur des territoires en situation d’excédent azoté.
 
La réglementation attachée aux installations de méthanisation a enfin été présentée par Sandrine CADIC, responsable environnement de la Direction Départementale de Protection des Populations des Côtes d’Armor. Elle a présenté le classement de ces installations au sein de la nomenclature des ICPE, les procédures d’autorisation, d’enregistrement et de déclaration, les contrôles effectués, ainsi que les textes ministériels encadrant leur fonctionnement.
 
Au total, une journée d’information très riche sur un sujet nouveau pour la Bretagne.
 
 
Voir
l’exposé de AILE
Voir l’exposé de l’ADEME
Voir l’exposé de la DDPP 22

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