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Actu semaine 08/2010
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Rocade de Landerneau
Du goudron et des plumes

Le petit monde des associations de protection de la nature de la vallée de l'Elorn est en émoi depuis qu'il a appris l'automne dernier, que le projet de réalisation d'une route, dont la concertation à débuté en 1993 (enquête publique en octobre 1999 et Déclaration d'Utilité Publique du 8 décembre 2000), venait de ressortir du tiroir de la communauté de commune du Pays de Landerneau Daoulas où tout le monde le croyait enterré à jamais.

Ce projet, de rocade de Lanrinou avait « vocation économique », il était défendu bec et ongle par l'équipe municipale alors en place. « Il fallait désenclaver l'entreprise Gelagri », de la puissante coopérative COOPAGRI, mais aussi, faciliter l'accès à un collège ainsi qu'à l'hôpital situé dans le même secteur. Problème, déjà soulevé par les associations il y a 10 ans, le tracé de la route empreinte des secteurs (4 kms) constitués de zones humides, de forêt et de terre agricoles en secteur péri-urbain.

Conscient de l'impact d'un tel projet sur l'environnement en général (qualité de l'eau, maintien de la biodiversité, étalement urbain, …), les associations avaient alors fait connaître la présence sur le tracé d'une station d'Hyménophylle de Tumbridge, petite fougère inscrite sur la liste rouge des espèces protégées. Cette menace juridique avait conduit à un simple déplacement du tracé de 10 mètres ! Elles avaient alors attaqué le projet au Tribunal Administratif en référé suspension sans succès, la légalité administrative de la décision n'apparaissant pas douteuse, sans qu'il soit  nécessaire d' appréhender l'impact sur le fond.


10 ans plus tard


Et puis après plus rien... ou plutôt presque plus rien. Dans les mois qui suivirent, les associations assistaient impuissantes au saccage du bois du Tourous et d'une zone humide déjà sacrifiés sur l'autel du tout bagnole, à l'ouest de la même commune. Projet contre lequel le recours administratif de Bretagne Vivante n'avait pas eu plus d'effet. Cinq ans plus tard, trois lignes dans la presse informaient le lecteur averti d'une demande de prorogation de cinq années de la validité de la DUP permettant d'engager l'expropriation des propriétaires récalcitrants (et il y en avait). Ce n'est ensuite qu'en mars 2009 que l'on apprenait dans un compte-rendu communautaire que le siège d'exploitation d'une ferme venait d'être déplacé pour permettre à la rocade, devenue route (!) de se faire.


Détruire les zones humides de son territoire pour faire des routes,
les élus de Landerneau connaissent bien !
En témoigne cette photo prise en 2001 lors des travaux de la rocade ouest.


Belle unanimité autour du goudron


Ainsi donc, c'est bien vrai. Dix ans plus tard, le collège a fermé, l'entreprise Gelagri a été délocalisée, le monde a pris conscience des dommages qu'une civilisation de la voiture pouvait causer, les plus hautes instances ont mis en garde sur un étalement urbain qui coûte 3 ha de terre agricole par jour au Finistère, les finances publiques sont au plus mal... mais les élus du secteur, et le nouveau maire de Landerneau Patrick Leclerc qui a détrôné l'ancienne équipe de gauche, nous disent : « cette voie reste l'équipement majeur de notre mandature, l'intérêt économique est indéniable, il y a les camions mais aussi les gens qui vont au travail en voiture ».
Même le très respecté François Marc, sénateur du secteur, soutient le projet : "- on a pas fait beaucoup de route ces dernières années, comparativement aux territoires voisins de Brest, pour ne citer qu'eux !". Avec des justifications comme celle là... Seule voie discordante, celle de Christophe Winckler l'élu des Verts qui peine à se faire entendre.


Le Narthécie des marais présente dans la tourbière
(car c'est bien une tourbière )sur le tracé de la future route


Un autre monde, siouplait
!

Nous disons, que c'est d'une autre vision politique du développement, dont nous avons besoin. Que les schémas de nos grands pères, quand le CELIB faisait des routes pour désenclaver la Bretagne et relancer l'économie, ne sont plus adaptés au monde d'aujourd'hui. Nous demandons à nos élus d'investir dans les transports collectifs, de contraindre les camions à recourir à des itinéraires adaptés, de déployer des politiques d'aides à la re-densification des centres villes, de créer des voies douces de circulation pour favoriser les déplacements piétons et vélo,... et bien d'autres choses encore qui restent à inventer.


C'est à ce prix que l'on sauvera le Trichomanes remarquable, le Dryoptéris à odeur de foin, le chabot, l'Hyménophylle, l'escargot de Quimper qui peuplent le secteur de Lanrinou. Certes, ils ne provoquent pas la venue des Arthus-Bertrand, Hulot et consort, mais méritent tout autant que le Tigre de Bingall ou l'Ours des Pyrénées de peupler notre planète.
Et pour emprunter au célèbre discours de Ian Mac Milan, on peut dire de ces espèces, "que nous avons besoin des qualités humaines nécessaires pour les sauver. Ce sont  précisément celles-là même qu'il nous faut pour nous sauver nous-mêmes".

2010, année internationale de sauvegarde de la biodiversité. A Landerneau en tous cas, elle risque d'y laisser des plumes!

Télécharger le courrier adressé par les associations aux candidats aux Régionales
Voir les réponses des candidats
Télécharger la fiche de présentation de l'Elorn

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