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L'info de la semaine 47bis/2009             Réagissez à cette info

Barrages sur la Sélune : enfin la fin ?


Des rivières sans barrages et des eaux vives

À l’occasion du lancement d’un plan d’action national pour la restauration de la continuité écologique des cours d’eau d’ici 2015, Chantal JOUANNO, secrétaire d’État à l’écologie, a annoncé le 13 novembre le démantèlement prochain des deux barrages hydroélectriques de Vezins et la Roche-qui-Boit, qui barrent depuis près d’un siècle la Sélune.

La Sélune, petit fleuve côtier du sud-Manche qui se jette dans la baie du Mont-Saint-Michel, présente un intérêt halieutique et piscicole majeur. Il a été classé comme cours d’eau à migrateurs dès 1924. Mais il a fallu attendre près de 60 ans, et une décision ministérielle du 2 janvier 1986 fixant la liste des espèces migratrices protégées sur ce cours d’eau (saumon atlantique, anguille, truite de mer, etc), pour que tous les ouvrages barrant le lit mineur de ce cours d’eau soient contraints d’être équipés de dispositifs assurant la libre circulation des poissons migrateurs.

Les barrages hydroélectriques de Vezins et de la Roche-qui-Boit, de quelques dizaines de mètres de hauteur chacun, implantés dans les années 1930 et concédés à la société EDF, sont donc assujettis à cette obligation légale : Ils devaient être équipés d’aménagements techniques garantissant la libre circulation effective des migrateurs au plus tard début 1991. Or, 18 ans après, EDF n’a rien fait d’autres que des études techniques établissant l’impossibilité d’aménagement pour la montaison et dévalaison des poissons migrateurs et en particulier des saumons et des anguilles, sollicitant depuis lors « l’effacement de la loi » qu’elle ne pouvait respecter. Quant à l’État, il s’est contenté d’accompagner EDF dans l’exploitation irrégulière de ces barrages depuis près de deux décennies, sans jamais faire verbaliser la situation infractionnelle ni mobiliser la moindre sanction administrative envers EDF.

Les concessions de ces deux barrages hydroélectriques étaient expirées depuis fin 2007, mais l’exploitation se poursuivait depuis lors puisque EDF avait présenté dès juillet 2004 une demande de renouvellemment de concession… que le préfet de la Manche ne se pressait pas d’instruire. Il est vrai que le Grenelle de l’environnement organisé fin 2007, le comité opérationnel « Trames verte et bleue » et la table ronde consacrée à l’hydroélectricité qui l’ont suivi en 2008… avaient tous acté l’effacement des barrages les plus perturbateurs au niveau national, et notamment ceux de la Sélune. Encore fallait-il une décision ministérielle. Deux ans plus tard, le ministre de l’écologie arbitre enfin en faveur de l’effacement de ces deux barrages.

Cette décision est conforme aux objectifs du SAGE Sélune, qui avait tranché en faveur de l’effacement de ces ouvrages anciens perturbant gravement la vie aquatique. Eau & Rivières, membre de la Commission locale de l’eau réunissant les acteurs locaux qui a établi ce SAGE, ne peut donc que saluer cette mesure indispensable à la restauration du bon état écologique de nos cours d’eau. En noyant à eux deux près de 20 km de rivières abritant les principaux lieux de frayères, ces deux barrages fortement eutrophisés perturbaient gravement l’eau et les milieux aquatiques alors que la Sélune est l’un des principaux parcours de pêche au saumon de la région.

Les fleuves côtiers bretons présentent des enjeux écologiques considérables. Après l’effacement du barrage hydroélectrique de Kernansquillec sur le Léguer opéré en 1997, de telles opérations doivent désormais se développer rapidement.

Le cauchemar de l’opération de vidange catastrophique du barrage de la Roche-qui-Boit réalisée en 1993, qui avait envasé toute la rivière et affecté toute vie aquatique jusque dans la baie du Mont-Saint-Michel, pourra être enfin rangée au rang des lointains souvenirs.

Lire le communiqué du ministère de l’écologie

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