Vendredi 15 décembre à 10 h, se tiendra devant la cinquième chambre du tribunal correctionnel de Lyon, le procès de la société MONSANTO, accusée de publicité trompeuse et mensongère pour son pesticide - le RoundUp - qu’elle présentait comme biodégradable et sans danger pour l’environnement.
A la suite des plaintes d’Eau & Rivières de Bretagne et d’autres associations, un procès-verbal d'infraction avait été dressé en juillet 2001 par la Direction de la Concurrence et de la Consommation, pour publicité trompeuse et mensongère à l’encontre des dirigeants de la société MONSANTO : dans plusieurs campagnes publicitaires télévisuelles ainsi que sur les emballages de ses produits, MONSANTO affirmait que le RoundUp était « 100 % biodégradable, respectait l’environnement, et était sans danger pour l’homme » !
La société MONSANTO et ses dirigeants font également l’objet d’une autre procédure pénale, puisqu’une instruction judiciaire pour des faits semblables a été ouverte par Monsieur Philibeaux, juge d’instruction au Tribunal de Grande Instance de Nanterre (N° 1/02/49).
Aux Etats-Unis, dès 1996, MONSANTO avait dû abandonner cette publicité mensongère à la suite d’une procédure judiciaire engagée par le procureur général de l’Etat de New-York.
Cette publicité exagérément sécurisante et mensongère a permis le développement des ventes des désherbants de la gamme RoundUp, puisque ceux-ci représentent depuis lors environ 60 % du marché des désherbants. Elle a contribué à provoquer une importante pollution des eaux par le glyphosate, matière active du Round Up, et sa molécule de dégradation l’Ampa :
- selon le dernier rapport de l’Institut Français de l’Environnement, en 2004, l’Ampa et le glyphosate étaient détectés respectivement dans 55 % et 35 % des eaux superficielles de France ! Ces deux molécules se situent au 1er et 3ème rang de tous les pesticides retrouvés dans les eaux !
- en Bretagne, région particulièrement touchée, en 2005, le glyphosate est détecté dans 40 % des analyses effectuées sur les eaux superficielles, et l’Ampa dans 80 % !
Le RoundUp est depuis 2001 officiellement classé « dangereux pour l’environnement, toxique pour les organismes aquatiques », en application de la directive 91/414 CEE du 15 juillet 1991.
Eau & Rivières de Bretagne se constituera partie civile vendredi au tribunal correctionnel de Lyon. Pour Camille RIGAUD, son président, « ce procès doit être l’occasion de faire la vérité sur le Round Up : c’est un pesticide aussi dangereux que les autres, qui détruit la nature ! ».
Voir l'info des autres semaines.