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Actualités 2016

Actu semaine 07/2016

Glyphosate : cancérigène ou non?

Monsatue ou pas?

Le glyphosate, cette substance connue pour être la matière active du - non moins connu - Roundup, fait à nouveau parler d'elle. C'est en avril 2015 que l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a été saisie afin de savoir s'il était nécessaire de modifier le classement de cette molécule (la procédure de renouvellement d'autorisation décennale du glyphosate en Europe étant en cours). Cette saisine faisait suite à l'annonce du Centre international de recherche pour le cancer (CIRC) d'un nécessaire classement du glyphosate comme "cancérigène probable pour l'homme", puis de celle de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) disant à peu près l'inverse. Ce 9 février, l'Anses publiait donc une étude relative à cette saisine réalisée par un groupe d'expertise en toxicologie et en épidémiologie. Nous allions enfin savoir.

Concernant les quantités vendues, nous apprenons que les tonnages de glyphosate vendus entre 2008 et 2014 sont "relativement stables". Ils varient tout de même de 5 157T à 7 421T pour les produits à destination des professionnels et de 1 264T à 2 055T pour ceux portant la mention "Emploi autorisé dans les jardins" (EAJ). C'est en France l'une des 2 substances les plus vendues en tonnage.

Concernant l'état des connaissances actuelles sur le glyphosate, nous apprenons de cette étude... pas grand chose. En effet, là où l'Anses devrait émettre un avis, elle n'en émet pas vraiment ; la faute d'une part, au temps imparti et d'autre part à la quantité d'études sur le sujet."[le groupe de travail] n'est pas en mesure de se prononcer sur un classement en catégorie 2 ou sur une absence de classement".

Par contre, l'étude différencie bien le glyphosate et les préparations contenant du glyphosate, suspectant un rôle important des co-formulants ; une famille étant particulièrement visée : les tallowamines. Pour rappel, dans la recette d'un pesticide, il y a une ou plusieurs matières actives qui ont l'effet poison, et des adjuvants ou co-formulants qui renforcent l'efficacité du poison (mouillants, conservateurs...).

Suite à ces conclusions, la ministre de l'environnement demande à l'Anses une réévaluation immédiate de l'ensemble des pesticides contenants du glyphosate et des tallowamines. Elle l'invite également à "retirer d'ici la fin du mois de mars, les autorisations de mise sur le marché des préparations phytopharmaceutiques contenant des co-formulants présentant des risques préoccupants".

À noter qu'en Bretagne, en 2014, le réseau de suivi de 10 rivières de la Cellule d'orientation régionale pour la protection des eaux contre les pesticides (CORPEP) a retrouvé dans les rivières 97 molécules sur les 180 recherchées. Le glyphosate avait une fréquence de quantification de 63% contre 67% pour sa molécule de dégradation, l'AMPA. L'agence régionale de santé (ARS), dans le cadre du suivi des ressources en eau superficielle pour la production d'eau potable, relevait parmi les 10 molécules les plus fréquemment retrouvées en 2014 le glyphosate et l'AMPA. Ces molécules étaient respectivement responsables de 6.1% et 14.5% des dépassements de la limite de qualité de 0.1µg/L pour l'eau destinée à la consommation humaine. Les eaux souterraines semblent quant à elles plutôt épargnées par ces deux polluants.

Au delà de la question du glyphosate et de ces co-formulants, le paradoxe serait aujourd'hui là : nous serions capables de quantifier les pesticides dans notre environnement (eau, air, alimentation) et même dans notre organisme, mais pas d'établir de lien direct entre l'une des molécules auxquelles nous sommes exposés et des effets sur la santé?

Lire l'avis de l'Anses (6.4 Mo)

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