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Actualités 2015

Actu semaine 24/2015


Après les nitrates et les pesticides, bientôt la pollution au mercure ?

  

Exemple d'impacts liés à l'exploitation d'une carrière

 
La Bretagne va-t-elle bientôt devenir la cible d'un nouveau type de pollution ? C'est la question qui se pose, suite au dépôt par la société Variscan Mines de deux demandes de permis exclusif de recherche minière sur les zones de Silfiac et Loc Envel (parmi une dizaine à travers la France, dont plusieurs ont déjà été accordés). Cette société française, créée récemment par 5 anciens employés du BRGM, n'est en réalité qu'une simple filiale d'une société australienne possédant des actions dans de nombreuses autres sociétés minières, ce qui amène à s'interroger sur le véritable pilote du projet, tant au stade de l'exploration que de l'éventuelle exploitation.

Les deux projets concernent des surfaces très importantes, 336km² pour celui de Loc Envel et 173 km² pour Silfiac, et dont l'impact potentiel concerne un ensemble de bassins versants de très haute qualité environnementale (Léguer, Trieux, Jaudy, Blavet et Scorff). Pourtant, les documents présentés comme des notices d'impacts ne se limitent en réalité qu'à établir un simple état des lieux. Le bureau d'étude admet d'ailleurs lui même que : « La principale difficulté de cette notice d'impact concerne la surface couverte du PERM … Il est difficile d'être précis sur les impacts de tel ou tel type de travaux, en particulier des forages, sur des milieux aussi variés, d'autant plus qu'il n'est pas possible de déterminer à l'avance le positionnement des opérations ». Cela ne les empêche pas malgré tout d'affirmer pour chaque volet des opérations que l'impact sur l'environnement peut être considéré comme négligeable.

Il existe de nombreuses incertitudes dans ce projet, notamment concernant les impacts sur les eaux souterraines par les forages, car des études pointent que l'efficacité de la machinerie nécessite l'injection de boues lubrifiantes, dont la composition ne se résume pas à de l'argile et de l'eau. Les mélanges utilisés font appel à des matières argileuses spécifiques, donc des matériaux extraits et transportés de lieux lointains ; ils comprennent aussi des additifs de synthèse (fluidifiants, plastifiants, anti-agglomérants). Ces composés resteront sur place après les opérations, et se disperseront alors dans l'environnement. Pourtant, aucune information n'est fournie à ce sujet dans la notice d'impact.

Des inquiétudes existent aussi pour les zones humides car amener sur site l'appareillage nécessaire au forage nécessitera, en raison du poids de celui-ci, de créer des voiries adaptées, même temporaires, avec décaissement de la couche arable, et pose d'un remblai de tout-venant compacté. L'opération risque, surtout en terrain humide, de laisser des zones fortement compactées, voire imperméabilisées. Par ailleurs, il est mentionné qu'en cas de présence de « chapeau de fer », des tranchées de 10 à 15m de long et d'environ 1,30m de profondeur pourraient être réalisées. Ce  type de fossé, dans une zone humide, peut-être considéré comme du drainage et donc comme une destruction de cette dernière. De plus, il n'est pas précisé que les forages éviteront les zones humides.

Eau & Rivières de Bretagne émet en conséquence un avis défavorable à ce projet, qui ne profitera pas à l'économie locale ni même nationale, et aura cependant des effets irréversibles sur l'environnement, notamment au stade de l'exploitation.


Lire l'avis complet d'Eau & Rivières de Bretagne


carte zone per bretagne

Exemple d'impacts lié à l'exploitation d'une carrière

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