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ASSOCIATION

Rapport Moral 2009
(présenté lors de l'AG du 17 avril 2010 à Le Saint - 56)

L’année 2009 a été, à plusieurs titres, une année marquante pour notre association.


L’évènement associatif majeur a bien sûr été la célébration de notre quarantième anniversaire.

 

40 années après la création de l’APPSB, devenue par la suite Eau & Rivières de Bretagne, nous avons fêté cet évènement comme il convenait :

    - une quarantaine d’actions locales menées dans les délégations départementales en cours d’année

    - au niveau régional, nous avons proposé des concours : photos, fontaines, peintures...

Le point d’orgue a été la fête de l’eau tenue à Gestel à la mi-octobre, qui a débuté par deux jours d’animations consacrés aux enfants, avec le concours d’une vingtaine d’écoles. Puis une journée chaleureuse, où adhérents, militants, dirigeants actuels et anciens, ont pris beaucoup de plaisir à se rencontrer, à se retrouver, dans une ambiance festive... Une fête ouverte au public venu nombreux au domaine du Lain pour découvrir au travers de spectacles, animations, expositions, les différents aspects du problème de l’eau...

 

Fidèle à son engagement, l’association a voulu faire aussi de cet anniversaire un moment de réflexion et d’échange. Les centaines de personnes venues écouter et échanger avec Corinne Lepage et Eric Orsenna, ou assister au débat du matin sur la politique de l’eau, tenu en présence du Président du Conseil régional, ont témoigné par leur nombre que la flamme n’était pas éteinte et qu’elle perdure au-sein des nouvelles générations de militants....

 

A toutes celles et ceux qui ont permis de faire de cet anniversaire une belle réussite, je veux dire merci. Merci également aux médias, qui à cette occasion, ont une fois de plus contribué à porter haut et fort le message d’Eau et rivières de Bretagne...

 

Cet anniversaire est intervenu à un moment où les problèmes de qualité des eaux que nous soulevons depuis tant d’années, ont connu un nouvel épisode avec l’aggravation des conséquences des marées vertes qui prolifèrent sur notre littoral. Pas seulement en baie de Saint-Brieuc ou Lannion, mais sur plus d’une centaine de sites depuis les côtes de l’Ile et Vilaine jusqu’à celles du Morbihan. La mort d’un cheval et le malaise de son cavalier ont, grâce à la réaction associative locale et contre l’omerta des pouvoirs publics, contribué à alerter l’opinion sur les dangers de ce fléau. Avec les associations concernées, nous nous sommes mobilisés pour contribuer à la réussite de la manifestation d’Hillion, et assurer le succès en appel de notre recours contre l’Etat déficient.

 

Si la venue du Premier Ministre, en aout à Saint Michel en Grèves, avait suscité l’espoir d’une politique hardie de reconquête de l’eau, le plan d’action préparé à Paris, sans véritable concertation avec les associations, mais négocié avec la profession agricole et rendu public début février, n’est pas à la hauteur des enjeux, ne mobilise pas les bons leviers. Car il ne suffit de proclamer que la pollution des nitrates devra descendre à 10 ou 15 mg/l pour obtenir des résultats, et en matière d’algues vertes, on ne pourra pas comme on l’a fait sur les bassins versants en contentieux fermer des captages pour régler le problème, ici il n’y a rien à fermer sinon le robinet à nitrates.

 

D’ailleurs, il se trouve que la commission européenne vient à nouveau de mettre la France en demeure de mieux appliquer la directive nitrates. Cependant, nous le savons bien, les règlementations (actuelles en particulier), ne suffiront pas pour réduire les impacts environnementaux de l’agriculture. C’est d’abord et surtout en encourageant financièrement les exploitations à mettre en oeuvre des systèmes de production –qui existent !- plus respectueux de l’eau, des sols, de l’air. Cela passe, nous le savons bien, par une réforme de la politique française de répartition des 600 millions de subventions accordées aux exploitations bretonnes dans le cadre de la PAC. Espérons au moins, que les quelques avancées du Grenelle de l’environnement trouveront dans les prochains mois une traduction concrète, faute de quoi nous aurions le sentiment d’avoir été trompés, la aussi une fois de plus.

 

S’agissant des pesticides, 2009 aura vu l’aboutissement et le succès de l’action en justice initiée par Eau & Rivières de Bretagne pour faire condamner Monsanto et sa pub mensongère sur le roundup .Ce succès de David contre Goliath doit nous inspirer chaque jour : il n’y a pas de combat perdu d’avance, et notre modeste histoire nous démontre qu’il est toujours possible de changer le cours des choses, à force de conviction et de ténacité

 

Sur la plupart de ces sujets, le SDAGE (Schéma Directeur de Gestion et d’Aménagement des Eaux) adopté l’automne dernier trace une nouvelle feuille de route. Même imparfait et insuffisamment ambitieux, il doit à présent être appliqué sans retard et sans faiblesse. C’est ce à quoi s’attache notre association parmi les multiples démarches qu’elle engage au quotidien.

 

Les différents rapports qui suivent témoignent du nombre et de l’intensité de nos actions, dans le domaine de la pédagogie indispensable pour élever le niveau de conscience écologique comme dans celui de l’activité militante.

 

Pour que puisse se poursuivre ce nécessaire combat, nous avons d’abord besoin d’hommes et de femmes investis au sein de leur association. Le conseil d’administration, où en cours d’année se débattent et s’arbitrent les décisions, sera renouvelé pour moitié au printemps prochain. Sans cet investissement humain, sans ce sang neuf, l’association perdra de son efficacité et de sa force, l’avenir de votre association et de ses futurs combats est entre vos mains.

 

Au-delà de cette nécessaire implication individuelle des adhérents et du renouvellement des dirigeants de notre association, il importe que la gestion de notre association soit optimisée. Le rapport de notre trésorière insiste sur le déficit hélas chronique de notre compte d’exploitation. Nous ne disposerons pas toujours de produits exceptionnels (legs…) pour équilibrer nos comptes. Nous devons donc améliorer notre organisation et notre gestion interne, c’est le sens de l’audit engagé depuis fin 2008 avec le concours de spécialistes extérieurs. Après une première étape qui a fait apparaître nos points faibles, la deuxième étape, concernant les mesures d’amélioration et les moyens correspondants, débutera dans les prochaines semaines.

 

Enfin, réjouissons-nous de la progression du nombre de nos adhérents, individuels et associations (encore 9 associations à nous rejoindre et nous en rassemblerons 100), comme de la réussite spectaculaire de nos sites internet (associatif et pédagogique) avec plus de 17 000 connexions par mois.

 

Comme le montre ce rapport moral, notre association quadragénaire est pleine de vitalité !

Camille RIGAUD
Président

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